Loi Hospitalière : les gesticulations d’Hervé Maurey
Par une communication sentant l’air du temps, Hervé Maurey a tenté de nous faire croire, à grands renforts d’interviews pléthoriques dans la presse locale, qu’il allait remédier aux déserts médicaux en France.
Lorsque la loi sur la réforme hospitalière a été soumise au Sénat, Hervé Maurey s’est brusquement rappelé que notre Département comptait une démographie médicale parmi les plus faibles de France. Il a sûrement pensé qu’il y avait là matière à faire un “coup politique”. L’équation était simple: en déposant des amendements visant à renforcer la présence de médecins généralistes dans nos campagnes, qu’ils soient ou non adoptés, il allait apparaître comme le fervent défenseur des intérêts eurois.
Mais aujourd’hui que la loi sur la réforme de l’hôpital a été votée, nous pouvons faire le bilan de cette démarche annoncée avec grand fracas. Hervé Maurey a effectivement déposé 5 amendements. Toutefois, les Eurois le savent, c’est à la capacité de modifier la loi que se mesure l’utilité d’un Sénateur. Quatre de ses cinq amendements ont été purement et simplement rejetés. Il n’y aura donc point de “mesures coercitives” pour contraindre les médecins à s’installer dans les zones où la démographie médicale est la plus faiblle. Hervé Maurey devait d’ailleurs s’en douter puisque la majorité présidentielle à laquelle son parti s’est allié, s’était elle-même déclarée opposée à de tels dispositifs. L’art du double-jeu…
Il est parvenu, reconnaissons-le, à réintroduire une sanction financière pour tous les médecins qui refusent de signer un contrat de solidarité. Il faut dire que c’était une demande forte de la Ministre elle-même et qu’il n’y a pas donc grand mérite à l’avoir fait voter. Le contrat de solidarité permet effectivement de demander aux médecins d’assurer une demi-journée dans un cabinet situé dans une zone à faible démographie médicale. Mais cet outil –chacun le reconnaît- n’est pas à la hauteur des enjeux et la sanction financière est trop faible.
La plupart de ses amendements ayant été rejetés, Hervé Maurey aurait dû en cohérence voter contre ce projet de loi qui ne permet pas de lutter efficacement contre les déserts médicaux.
Mais Hervé Maurey a voté avec l’ensemble de la droite pour cette loi et les logiques qu’elle induit : appauvrissement de l’hôpital public, diminution de l’emploi dans l’hôpital public et développement de l’hôpital-entreprise qui privilégiera d’abord les logiques de rentabilité propres au secteur privé aux dépens des missions de service public.
Le Conseil général de l’Eure et la Région Haute Normandie n’ont pas attendu cette agitation fort à propos du Sénateur pour construire un dispositif exemplaire et unique par ses montants permettant de financer jusqu’à 80% de la création d’une Maison de Santé dans les territoires qui en ont besoin. Une initiative qui, certes, fait moins de bruit dans la presse, mais qui améliore le quotidien des Eurois. C’est là toute la différence entre faire de la communication et faire de la politique.
par Fédération de l’Eure